Le studio Aardman
Les rois du Stop Motion
Il y a des studios qui fabriquent des films. Aardman, lui, fabrique des mondes — à la main, image par image, avec de l'argile, de la patience et un humour résolument british. Depuis un demi-siècle, ce petit studio de Bristol s'est imposé comme l'une des maisons d'animation les plus aimées de la planète.
Des débuts sur une table de cuisine
Aardman naît dans les années 1970 d'une association entre deux amis de lycée, Peter Lord et David Sproxton, qui proposent à la BBC une idée simple : une animation en stop motion avec de la plasticine. La séquence s'appelait « Aard Man ». Installés à Bristol en 1976, ils créent leur première production professionnelle : Morph, un petit personnage d'argile malicieux pour l'émission jeunesse Take Hart. Le ton espiègle et artisanal qui deviendra la signature du studio est déjà là.
Wallace et Gromit
Au milieu des années 1980, un jeune étudiant en animation nommé Nick Park arrive chez Lord et Sproxton avec les esquisses d'un inventeur maladroit et de son chien compagnon. Wallace et Gromit sont nés. Le duo débute à la télévision le soir de Noël 1989 et remporte depuis plus de cent récompenses, dont trois Oscars et huit BAFTA. Le succès pousse le studio vers le grand écran. Chicken Run, sorti en 2000, devient le film en stop motion le plus rentable de tous les temps. Un exploit pour un studio qui travaille encore à la main, image par image.
Le fait main
Ce qui distingue Aardman de toute la concurrence numérique, c'est précisément son imperfection revendiquée. Le studio modèle ses personnages en argile en laissant apparaître les imperfections et les empreintes de doigts, ce qui donne aux personnages un aspect fait main et légèrement de travers — ce que Nick Park appelle lui-même le thumbiness. Entre 12 et 24 photos sont nécessaires pour produire une seule seconde de film. Un travail d'orfèvre, à rebours de toute logique industrielle.
Un studio indépendant
En novembre 2018, Peter Lord et David Sproxton transfèrent la majorité des parts de la société à ses employés, afin de maintenir l'indépendance de la structure. Un geste rare dans l'industrie du divertissement, qui dit beaucoup sur l'âme du studio : chez Aardman, la créativité prime sur la rentabilité, et l'humain sur l'actionnaire.
50 ans après ses débuts sur une table de cuisine, Aardman continue de prouver qu'un peu d'argile entre des mains passionnées peut émouvoir le monde entier.
Le site du studio Aardman : C'est ici
O.G - juillet 2025
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